
Dans un contexte de manifestations de masse et de chute record du rial iranien, les citoyens iraniens ont fortement augmenté leurs retraits de bitcoins des plateformes d'échange de cryptomonnaies vers leurs portefeuilles personnels, selon les données de Chainalysis.
Une nouvelle analyse révèle que l'écosystème crypto iranien a dépassé les 7,78 milliards de dollars en 2025, l'activité sur la blockchain étant étroitement corrélée aux tensions géopolitiques et intérieures.
Nos données montrent :
— Les adresses liées aux Gardiens de la révolution iraniens représentent désormais 50 % de l'économie crypto iranienne.
— Les Iraniens retirent de plus en plus de Bitcoins…— Chainalysis (@chainalysis) 15 janvier 2026
D'après les analystes, l'écosystème crypto iranien devrait atteindre 7,78 milliards de dollars fin 2025. Les experts ont constaté une corrélation évidente : des pics d'activité surviennent lors de crises politiques et d'opérations militaires telles que la frappe contre Israël ou la guerre des douze jours.

Source : Chainalysis.
Chainalysis a enregistré un changement de comportement des utilisateurs pendant les troubles. Du 28 décembre au 8 janvier (avant la coupure d'Internet dans le pays), on a constaté une forte augmentation de :
- volume moyen des transactions en dollars américains ;
- nombre de transferts vers des portefeuilles personnels.
« Cela suggère que les Iraniens ont commencé à transférer des bitcoins en leur possession beaucoup plus fréquemment pendant les manifestations qu'auparavant. Ce comportement constitue une réponse rationnelle à l'effondrement du rial iranien, qui a perdu presque toute sa valeur et est devenu pratiquement sans valeur par rapport aux principales devises », ont commenté les chercheurs.
Selon eux, le Bitcoin est devenu bien plus qu'un simple outil d'épargne : un instrument de résistance financière. Son immunité face à la censure et son indépendance vis-à-vis du système étatique confèrent aux citoyens iraniens une flexibilité financière essentielle et un contrôle accru sur leurs actifs en période de crise.
Les analystes ont souligné que la hausse des retraits vers les portefeuilles personnels pendant les périodes de répression correspond aux tendances mondiales inhérentes aux pays connaissant une instabilité politique.
Dans le même temps, les chercheurs ont constaté la domination de la KVIR sur le secteur numérique du pays. Cette structure contrôle désormais plus de la moitié des transactions. Le volume d'échanges sur les portefeuilles numériques qu'elle gère a fortement augmenté : passant de 2 milliards de dollars en 2024 à 3 milliards de dollars en 2025.

Source : Chainalysis.
« Il est important de noter que même ces chiffres constituent une estimation basse qui ne couvre qu'un nombre limité d'adresses issues des listes de sanctions des portefeuilles QIR compilées par l'OFAC et le NBCTF », ont ajouté les experts.
Cette estimation ne tient pas compte des sociétés écrans et des intermédiaires financiers dont les liens avec le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) n'ont pas encore été confirmés. Les chercheurs estiment que le montant total augmentera à mesure que de nouveaux portefeuilles affiliés à cette structure seront découverts.
Pour rappel, fin décembre, le PDG de Bitwise, Hunter Horsley, avait qualifié le Bitcoin de salut face à l'effondrement économique de l'Iran.


