
Karthik Senthil, investisseur et fondateur de 806Capital, a déclaré que le secteur des cryptomonnaies traverse une période singulière. Il a souligné que de nombreuses idées débattues depuis des années par les acteurs du marché commencent enfin à se concrétiser. Cependant, les investisseurs et les capitalistes portent désormais leur attention en dehors du secteur des cryptomonnaies.
Selon l'expert, la dévaluation monétaire est devenue une véritable tendance macroéconomique, mais c'est l'or, et non le Bitcoin (BTC), qui en profite le plus. Le marché des objets de collection est également en croissance – certaines cartes Pokémon se vendent à des dizaines de millions de dollars – mais l'essentiel de l'activité se déroule sur les plateformes traditionnelles plutôt que via l'infrastructure NFT. On observe une situation similaire sur le marché des prédictions. Leur popularité a progressé plus rapidement que prévu par de nombreux acteurs du secteur. Cependant, des plateformes comme Kalshi ne sont pas considérées comme des projets crypto.
Le volume des transactions en stablecoins continue de croître, mais l'attention se porte désormais principalement sur les entreprises fintech plutôt que sur les protocoles DeFi. Les participants à la discussion constatent que l'infrastructure blockchain est de plus en plus utilisée comme solution backend pour améliorer l'efficacité des règlements, tandis que l'objectif initial de décentralisation perd de son importance.
Parmi les raisons évoquées figurent une perte de confiance suite à une vague de projets spéculatifs, une focalisation excessive sur le marketing et l'infrastructure sans réelle demande des utilisateurs, et un modèle économique fragile pour la plupart des nouvelles cryptomonnaies. Certains experts soulignent que les rares projets dotés d'une économie viable affichent déjà des valorisations élevées, ce qui limite le potentiel d'un afflux rapide de nouveaux capitaux. Le secteur est donc confronté à un paradoxe : les hypothèses fondamentales concernant les actifs numériques se confirment, mais l'intérêt des investisseurs se porte sur l'or, les valeurs technologiques et les solutions fintech traditionnelles.
