
Malgré la popularité de cette idée au sein de la communauté crypto, les stablecoins ne peuvent résoudre automatiquement les problèmes liés aux transactions numériques par agents. C'est l'avis de l'expert Dante Reminick, qui commentait les perspectives d'utilisation des jetons numériques de dollar dans les règlements commerciaux. Selon lui, de nombreux partisans pensent qu'un modèle simple de transfert de fonds entre portefeuilles peut remplacer les systèmes de paiement traditionnels. Or, la structure réelle des règlements internationaux est bien plus complexe. L'expert a souligné que l'infrastructure de paiement comprend non seulement le transfert de fonds, mais aussi des mécanismes complets de gestion des risques.
Reminick a souligné que des entreprises comme Visa, Mastercard et American Express offrent des services bien plus complets que le simple traitement des transactions. Leurs systèmes assurent la protection contre la fraude, le traitement des remboursements, le règlement des litiges et un réseau mondial d'acceptation des paiements. Le développement de ces mécanismes a nécessité des décennies et des investissements considérables. Selon cet expert, l'écosystème des stablecoins n'a pas encore atteint ce niveau de protection et de distribution.
L'expert a accordé une attention particulière à la question des risques. Dans le cas des transferts directs de stablecoins, la question de l'indemnisation des pertes en cas de transactions contestées ou de fraude reste en suspens. La réglementation et la conformité aux exigences des différentes juridictions sont également nécessaires. Les réseaux de cartes traditionnels ont mis en place des processus de conformité et d'assurance des risques à l'échelle mondiale. Dans l'univers des cryptomonnaies, ces éléments sont encore balbutiants et nécessitent un perfectionnement systématique.
Reminick a également évoqué la question économique des micropaiements comme un autre point controversé. Il a souligné qu'en réalité, il existe presque toujours un intermédiaire entre l'expéditeur et le destinataire. Il peut s'agir de fournisseurs de liquidités, de routeurs de transactions, de services d'abstraction des frais ou de systèmes de gestion d'identité. Chaque participant à la chaîne prélève des frais, ce qui réduit les marges des transactions. Dans un contexte de micropaiements, même des coûts minimes peuvent impacter significativement la rentabilité globale du modèle.
L'expert a noté que les stablecoins sont effectivement plus efficaces que les systèmes de paiement traditionnels. Cependant, cette efficacité accrue ne signifie pas la suppression des coûts ; elle les redistribue simplement entre les acteurs du marché. La mise en place d'une infrastructure mature nécessitera l'émergence de nouveaux intermédiaires et prestataires de services. Ceci pourrait engendrer une complexité accrue plutôt qu'une simplification de l'architecture. Par conséquent, la transition vers un modèle de règlement entièrement décentralisé semble moins probable. En conclusion, Reminick a souligné que les stablecoins constituent un élément technologique important, mais pas un écosystème de paiement complet.
