Le réseau social européen W Social sera lancé le 9 mai avec une vérification d'identité obligatoire.

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Le réseau social européen W Social lance sa phase de test bêta le 9 mai, Journée de l'Europe. Pour s'inscrire, chaque utilisateur doit se soumettre à une vérification biométrique : une photo de sa pièce d'identité est prise et comparée en temps réel à son visage grâce à l'appareil photo de son smartphone. Après vérification, les fondateurs affirment que les données sont immédiatement supprimées.

Qu'est-ce que W Social ?

La plateforme, enregistrée à Stockholm sous le nom de W Social AB, se présente comme un réseau social mondial de confiance, créé et opérant en Europe. Elle repose sur quatre principes : des utilisateurs humains vérifiés, la transparence, le respect de la vie privée et la liberté d’expression. Selon sa fondatrice et PDG, Anna Zeiter, l’idée de cette plateforme a germé après la réélection de Donald Trump et le discours du vice-président J.D. Vance lors de la Conférence de Munich sur la sécurité en 2025, où il avait critiqué l’état de la liberté d’expression en Europe.

La lettre « W » du nom provient de son principal actionnaire, la plateforme climatique suédoise « We Don't Have Time ». De plus, selon Zeiter, le « W » est une combinaison de deux « V » latins, signifiant « Values » (valeurs) et « Verified » (vérifié).

Comment fonctionne la vérification ?

Le processus de vérification d'identité est mis en œuvre par une entité juridique distincte, W Identity, qui agit en tant que responsable du traitement des données indépendant, conformément au RGPD. Selon sa politique de confidentialité, la plateforme reçoit uniquement les informations minimales requises : un identifiant unique, le pays d'émission du document et l'année de naissance. Aucune autre information n'est transmise par W Identity à la plateforme.

Zeiter compare ce processus à la procédure de vérification requise pour les services bancaires en ligne ou les applications de paiement. Après vérification, les données sont immédiatement détruites. Une exigence similaire s'applique aux comptes d'entreprise : chaque organisation doit être désignée par une personne physique identifiée et vérifiée. Toutes les données sont traitées exclusivement au sein de l'Espace économique européen, par le prestataire finlandais UpCloud.

Un pseudonyme est possible, mais pas un bot.

Malgré l'obligation de vérification d'identité, les utilisateurs ont le droit d'utiliser un pseudonyme. L'objectif principal de cette vérification est d'éliminer les bots et les comptes gérés par intelligence artificielle. La plateforme prévoit d'inciter à l'utilisation de son vrai nom, notamment en offrant un accès étendu à certaines fonctionnalités.

Techniquement, W Social repose sur le protocole AT et est compatible avec la plateforme Bluesky, ce qui ouvre automatiquement l'accès à une audience de 40 millions d'utilisateurs dans le monde, dont environ un quart sont européens.

Financement

W Social est financé par des investisseurs privés, principalement scandinaves. Parmi eux figurent deux anciens ministres suédois, Kristina Persson et Pär Nuder, ainsi que des investisseurs allemands. Le projet n'est ni financé ni géré par l'Union européenne : un porte-parole de la Commission européenne l'a explicitement déclaré en janvier 2026. La plateforme sera gratuite pour les utilisateurs.

Le projet a été annoncé en janvier 2026 en marge du Forum économique mondial de Davos. Des utilisateurs d'Europe, des États-Unis, de Taïwan et de Singapour se sont déjà inscrits sur la liste d'attente de la version bêta. W Social mise sur la vérification des utilisateurs comme principal atout par rapport aux plateformes existantes ; l'ampleur de cette demande dépendra des résultats des tests bêta.

L'avis de l'IA

Du point de vue de l'apprentissage automatique, W Social reproduit une logique familière au secteur des cryptomonnaies : les principes KYC sont appliqués aux médias sociaux.

W Social propose la vérification volontaire comme un avantage concurrentiel, et non comme une barrière obligatoire. La question est de savoir si l'on peut accorder suffisamment de confiance à un référentiel centralisé de données biométriques, même temporaire.

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