Mastercard accepte d'acquérir BVNK pour 1,8 milliard de dollars

Mastercard a signé un accord pour acquérir la start-up de stablecoins BVNK pour un montant estimé à 1,8 milliard de dollars.

Ce montant inclut 300 millions de dollars de paiements conditionnels. L'acquisition vise à intégrer les solutions blockchain aux systèmes de paiement traditionnels.

L'entreprise a constaté une demande croissante de la part des banques et des fintechs pour les transactions en stablecoins et les dépôts tokenisés. Mastercard prévoit d'assurer la compatibilité des monnaies fiduciaires et numériques tout en respectant les normes de sécurité et de conformité.

Le directeur des produits chez Mastercard, Jorn Lambert, a déclaré que cet accord ajoutera des « infrastructures de paiement intégrées » au réseau mondial de l'entreprise, accélérant ainsi les transactions et introduisant la programmabilité dans les paiements.

La startup BVNK a été fondée en 2021. La plateforme est spécialisée dans les passerelles entre monnaies fiduciaires et cryptomonnaies, prenant en charge les transferts dans plus de 130 pays.

Les parties prévoient de conclure l'accord d'ici la fin de l'année après avoir reçu les autorisations nécessaires des autorités réglementaires.

En novembre 2025, la plateforme d'échange Coinbase et BVNK ont renoncé à un projet d'acquisition de 2 milliards de dollars. Les raisons de cette décision n'ont pas été divulguées.

PayPal et PYUSD

Le géant des paiements PayPal a étendu la distribution géographique de son stablecoin PYUSD. Cet actif est désormais disponible pour les clients dans 70 pays.

La liste comprend des pays d'Asie-Pacifique, d'Europe, d'Amérique latine et d'Amérique du Nord, notamment le Royaume-Uni, Singapour, la Colombie et le Canada. L'accès sera étendu aux autres régions prises en charge dans les prochaines semaines.

Les utilisateurs pouvaient :

  • acheter, stocker et envoyer des PYUSD via un compte PayPal ;
  • transférer des actifs vers des portefeuilles externes ;
  • Convertir le « stablecoin » en monnaies locales pour le retrait.

Dans certaines juridictions, les clients devront payer des frais pour le stockage de pièces sur leur solde.

Delphi Digital sur les stablecoins

L'offre de stablecoins a dépassé les 306 milliards de dollars, malgré la chute du cours du Bitcoin et le recul des volumes d'échanges au comptant. Selon un rapport de Delphi Digital, cette croissance est principalement due aux marchés émergents, où les actifs indexés sur les monnaies fiduciaires sont devenus l'alternative la plus économique au dollar.

Les analystes ont constaté que lors des transferts d'argent vers l'Argentine, les pertes totales liées aux commissions et aux écarts de taux atteignent 8 %. Plus de 80 % de ce montant ne sont pas liés à la conversion de devises ; il s'agit de frais de maintenance d'une infrastructure bancaire correspondante obsolète.

Les paiements transfrontaliers traditionnels transitent par une chaîne d'intermédiaires. Les institutions financières sont contraintes de maintenir des comptes bilatéraux et de bloquer les liquidités pour sécuriser les transactions. Chaque intermédiaire perçoit sa propre commission, et le cycle de règlement s'allonge à plusieurs jours.

Selon les experts :

  • Un virement SWIFT des États-Unis vers la Turquie coûte entre 25 et 60 dollars et prend jusqu'à trois jours ;
  • Les stablecoins permettent d'effectuer le même paiement pour moins d'un centime (hors frais de passerelle).

Dans les paires de devises courantes comme l'USD/EUR, les coûts d'infrastructure représentent environ 17 % du total. Pour l'Argentine et le Nigeria, ce chiffre grimpe à 81-83 %. Dans ces corridors, le coût de maintenance de l'infrastructure bancaire dépasse souvent les risques liés aux fluctuations monétaires.

Les stablecoins éliminent les intermédiaires et la nécessité de pré-réserver des fonds en monnaies locales.

La prochaine étape de la mise en œuvre de cette technologie concernera les trésoreries d'entreprise. Les sociétés transnationales pourront gérer leurs liquidités 24h/24 et 7j/7, indépendamment des heures d'ouverture des banques.

Le principal obstacle demeure la complexité des plateformes de dépôt et de retrait. Les transactions en monnaie fiduciaire reposent encore sur les virements bancaires, la conformité réglementaire et des procédures de traitement des paiements obsolètes.

Les experts de Delphi Digital résument : les stablecoins ne remplaceront pas instantanément le marché mondial des changes. Les principales paires de devises sont très liquides et bien desservies par les banques. Cependant, dans les pays où les coûts d'infrastructure sont excessifs et où les banques ne sont plus compétitives, les stablecoins se substituent de fait à un système financier dysfonctionnel.

Pour rappel, en février, BVNK, Coinbase et Artemis ont publié une étude conjointe selon laquelle les stablecoins ont permis de réduire de 40 % le coût des transferts d'argent.

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