Le Bitcoin n'a pas besoin de catalyseur pour revenir à 100 000 dollars, selon un analyste.

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Le Bitcoin n'a pas réussi à franchir la barre des 100 000 $ depuis cinq mois, et les analystes sont partagés quant au facteur qui pourrait lui permettre d'y parvenir. Michael van de Poppe, fondateur de MN Trading Capital, estime qu'aucun catalyseur n'est nécessaire.

« Nul besoin de récit pour faire monter le prix », a-t-il écrit sur les réseaux sociaux. « Le prix monte, et le récit se crée de lui-même. » Selon lui, les mathématiques, les statistiques et la logique suffisent à la réussite, et les niveaux actuels du Bitcoin restent propices à l'accumulation.

L'attention du marché s'est portée ailleurs.

Van de Poppe a également constaté un changement significatif de l'intérêt du marché ces derniers mois, l'intelligence artificielle et les technologies connexes captant une part importante de l'attention au détriment des cryptomonnaies. Une comparaison éloquente : depuis le début de l'année, l'action de Nvidia (NVDA), première entreprise d'IA en termes de capitalisation boursière, a progressé de 5,08 %, tandis que le Bitcoin a perdu environ 10 % sur la même période.

La dernière fois que le Bitcoin a dépassé les 100 000 $ remonte au 13 novembre, soit environ un mois après la liquidation massive de 19 milliards de dollars du marché des cryptomonnaies le 10 octobre, liquidation que de nombreux acteurs du marché attribuent à la baisse des cinq mois qui a suivi. En février, le Bitcoin a chuté à un plus bas annuel de 60 000 $, avant de se redresser et de se maintenir à près de 80 000 $. Au cours des 30 derniers jours, il a progressé de 20 %.

Graphique journalier BTC/USD. Source : Bitstamp

Le Bitcoin a-t-il besoin d'un catalyseur ?

Certains acteurs du marché des cryptomonnaies restent convaincus qu'une croissance significative ne se produira pas sans un discours convaincant. Parmi les catalyseurs potentiels figurent les décisions de la Réserve fédérale américaine concernant les taux d'intérêt, les changements réglementaires et un afflux de capitaux vers les ETF Bitcoin au comptant.

La loi américaine CLARITY Act, qui vise à établir une réglementation claire pour le secteur des cryptomonnaies, fait l'objet de discussions distinctes. Cependant, les traders expérimentés restent prudents : selon certains analystes, son adoption constituerait une étape importante pour le secteur, mais il est peu probable qu'elle ait un impact significatif sur la hausse du prix du Bitcoin.

Les réserves et la « grande annonce »

Dans un contexte de débats réglementaires, Patrick Witt, conseiller de la Maison-Blanche en matière de cryptomonnaies, a déclaré cette semaine lors de la Bitcoin Conference de Las Vegas qu'une annonce importante concernant les réserves de bitcoins du président Trump était attendue dans les prochaines semaines. Aucun détail n'a encore été divulgué.

Le Bitcoin se maintient au-dessus de 78 000 $ malgré les nombreuses théories qui circulent quant à son retour à des prix à six chiffres. Les discussions autour du CLARITY Act, de la réserve de Bitcoin américaine et du comportement des investisseurs institutionnels influencent les tendances du marché, tandis que le cours poursuit sa lente reprise sans qu'une explication claire ne se dégage.

L'avis de l'IA

L'analyse historique révèle un paradoxe curieux de la situation actuelle. Pour la première fois de son histoire, le Bitcoin a clôturé l'année suivant le halving sur une perte, rompant ainsi le cycle quadriennal qui prévalait depuis plus d'une décennie. Autrement dit, le marché se trouve à un tournant inédit : les anciens repères ne sont plus valables et les nouveaux restent à définir. C'est dans ce contexte que la thèse d'un « récit auto-généré » paraît particulièrement audacieuse : l'histoire ne connaît aucun précédent de Bitcoin atteignant des valeurs à six chiffres sans le soutien d'un cycle identifiable.

Cette situation révèle également une transformation structurelle de la nature même de l'actif. De nouveaux acteurs ont fait leur entrée sur le marché – ETF, investisseurs institutionnels et entreprises – dont les comportements diffèrent de ceux des investisseurs particuliers, influencés par l'engouement du marché : le Bitcoin est désormais soumis aux aléas macroéconomiques et réagit à la liquidité, aux taux d'intérêt et à la réglementation. Dès lors, la question de la croissance prend une dimension fondamentalement différente : il ne s'agit plus de savoir « quel discours saura galvaniser les foules », mais « quelles conditions macroéconomiques permettront aux investisseurs institutionnels d'investir massivement ». La capacité du Bitcoin à progresser pour la première fois de son histoire sans un engouement massif des particuliers reste une question ouverte, et ce cycle apportera la réponse.

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