4 raisons de ne pas utiliser l'IA générative pour l'écriture

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L'IA générative promet un gain de temps considérable pour l'écriture, mais en réalité, elle se révèle souvent un piège gourmand en ressources. Selon un rapport d'OpenAI, l'écriture représente 24 % des interactions avec ChatGPT : c'est l'activité la plus populaire auprès des utilisateurs. Logique : écrire est difficile, le temps est précieux, et une solution clé en main est à portée de main. Cependant, la réalité est plus nuancée.

Avant de déléguer la rédaction de courriels ou de rapports à des algorithmes, posez-vous quatre questions simples. Les réponses vous aideront à comprendre si l'IA vous simplifiera réellement la vie ou si elle ne fera que déplacer le problème d'un domaine à un autre.

Raison 1. Gain de temps ou illusion d'aide ?

Utiliser ChatGPT ou des outils similaires ne dispense pas d'écrire. Cela change simplement le genre de votre travail : au lieu d'écrire une lettre, une présentation ou un texte de présentation, vous rédigez un sujet. Et c'est là que le plaisir commence : un sujet efficace demande autant d'efforts que le texte lui-même.

Une bonne consigne ne se résume pas à une simple phrase, mais à un paragraphe complet contenant des instructions claires, un contexte et des attentes précises. Obtenir un résultat vraiment exploitable grâce à l'IA exige du temps pour formuler la demande, puis pour corriger le résultat, et souvent plusieurs itérations de révision. Si vous êtes un rédacteur expérimenté mais novice en IA, félicitations : utiliser l'IA peut s'avérer plus chronophage et frustrant que d'écrire le texte soi-même.

Raison 2. Offrir son travail en cadeau à ses collègues

En confiant votre rédaction à des algorithmes, vous risquez de laisser votre travail entre les mains de ceux qui, au final, produiront les résultats. Sans contrôle adéquat, l'IA génère ce que les chercheurs appellent des déchets : un contenu qui paraît correct, mais qui, à y regarder de plus près, s'avère dénué de sens.

Il est de votre responsabilité de vérifier la qualité de votre texte avant de l'envoyer. Si vous n'avez pas le temps, le lecteur suivant perdra du temps à déchiffrer un texte obscur et à corriger les erreurs. Il sera frustré, et ce sera votre problème.

Une étude de BetterUp a révélé des résultats alarmants : 53 % des destinataires de contenu de faible qualité généré par l’IA se sentent irrités, 38 % perplexes et 22 % offensés. Cette approche engendre non seulement une perte de temps pour les collègues, mais aussi une dégradation des relations au sein de l’équipe. Se décharger de ses responsabilités alimente le ressentiment, et c’est bien plus grave qu’un simple retard.

Raison 3. Mémoire et profondeur de compréhension

Dans le tourbillon du quotidien professionnel, la capacité de l'IA à créer instantanément des brouillons, à résumer des réunions et à mettre en évidence les points clés est une véritable aubaine. Si vous devez rédiger un compte-rendu d'une réunion de routine pour des collègues absents, pourquoi ne pas faire appel à des algorithmes ? Votre tâche consiste simplement à documenter l'information, et l'IA accélère considérablement le processus.

Mais si vous revenez tout juste d'une conférence où vous avez découvert une technologie révolutionnaire qui va transformer votre secteur et que vous devez maintenant transmettre ces connaissances à votre équipe, cela vaut la peine d'y réfléchir. La recherche démontre les importants bienfaits neurophysiologiques de l'écriture, en particulier manuscrite. Ce processus active de multiples zones du cerveau responsables du contrôle moteur, de la perception sensorielle et du traitement cognitif. Il en résulte une compréhension plus approfondie et une meilleure mémorisation des informations.

La lenteur de l'écriture n'est pas un inconvénient, mais un atout. C'est précisément cette lenteur qui offre le bénéfice cognitif. Avant de confier une tâche à une IA, demandez-vous : le gain de temps justifie-t-il ce sacrifice ? Peut-être bien. Ou peut-être passez-vous à côté de quelque chose d'important en prenant un raccourci.

Raison 4. La confidentialité ne tolère aucune négligence.

Soyez prudent lorsque vous saisissez des textes sensibles ou originaux dans des outils d'IA. ChatGPT, Claude, Copilot et d'autres plateformes apprennent des données que vous leur fournissez. Bien qu'il soit possible de modifier vos paramètres de confidentialité pour empêcher l'enregistrement d'informations, de nombreux utilisateurs ignorent cette option ou oublient de l'activer.

Certaines entreprises appliquent des politiques strictes en matière d'IA, définissant clairement les données autorisées et interdites dans les algorithmes. D'autres ont développé leurs propres outils internes, entraînés sur des jeux de données d'entreprise pertinents, où l'information reste au sein du système.

Lorsque vous travaillez à votre compte et que vous ne pouvez vous appuyer sur des directives d'entreprise, l'évaluation des risques vous incombe. De nombreux auteurs, par exemple, incluent dans leurs contrats et leurs ouvrages des clauses interdisant l'utilisation de leurs textes pour l'entraînement d'IA. Si vous créez du contenu original et que vous l'intégrez ensuite à des algorithmes pour la correction ou l'édition, tenez compte des conséquences et fixez des limites raisonnables à son utilisation.

L'avis de l'IA

En matière d'évolution technologique, le débat sur la faisabilité de l'IA pour les textes rappelle la controverse qui a entouré l'arrivée des calculatrices dans les années 1970 : les mathématiciens craignaient que les élèves ne perdent leur capacité de calcul mental. L'histoire a montré que l'outil n'a pas remplacé cette compétence, mais en a simplement modifié l'application. Les mathématiques sont passées des calculs routiniers à la résolution de problèmes complexes. Il pourrait en être de même pour les textes : au lieu de se préoccuper de la mise en forme des courriels, les auteurs pourront se concentrer sur la stratégie de communication et les tâches créatives.

Le paradoxe est que la capacité même à formuler des consignes efficaces devient une nouvelle forme d'écriture, plus structurée et précise. Ces « paragraphes d'instruction » évoqués dans l'article sont désormais des textes qui exigent une pensée claire et une bonne compréhension du public cible. La question n'est plus de savoir s'il faut utiliser l'IA ou non, mais plutôt à quelle vitesse les professionnels s'approprieront cette compétence et où se situe la limite entre l'automatisation des tâches routinières et la perte d'expertise.

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