
Stacy Moore, spécialiste du marché des cryptomonnaies et fondatrice du projet GREEND0TS, a déclaré que le développement d'une économie d'agents d'IA autonomes ne nécessite pas une augmentation de leur intelligence, mais la mise en place d'une infrastructure de cryptomonnaies. Selon elle, à mesure que l'intelligence artificielle commence à prendre des décisions, à effectuer des transactions et à interagir avec les systèmes économiques de manière autonome, garantir la confiance et la coordination de ces processus devient un enjeu crucial.
Selon Moore, dans ce contexte, la blockchain peut servir d'infrastructure de base, permettant aux systèmes d'IA d'interagir et de participer à l'économie en toute sécurité. L'expert a souligné que les outils cryptographiques peuvent garantir la transparence des transactions, la comptabilisation des contributions des participants et la distribution automatique des incitations. Ceci constitue le fondement de la transformation des agents d'IA en acteurs économiques à part entière.
Selon Moore, la blockchain peut résoudre des problèmes clés liés à l'interaction entre plusieurs modèles d'IA, notamment l'interopérabilité et la traçabilité. Les différents systèmes fonctionnent selon des formats différents, ce qui complexifie leur coordination et la distribution de leurs résultats. Les technologies de registre distribué permettent d'enregistrer les actions des participants, de vérifier leurs contributions et de gérer les récompenses grâce à des enregistrements vérifiables et des mécanismes d'incitation automatisés. À titre d'exemples d'infrastructures de coordination de l'IA, l'expert a cité les solutions de Covalent, Allora Network, Questflow, Gaia et SentientAGI, qui développent des plateformes permettant aux systèmes autonomes de collaborer, de partager des données et de répartir les tâches.
L'analyste s'est concentrée sur le concept « Connaître son agent » (KYA), qui consiste à créer une identité cryptographique pour les agents d'IA. Selon elle, les systèmes autonomes modernes sont déjà capables d'effectuer des paiements, de conclure des transactions et de gérer des services, mais leur utilisation est limitée par le manque d'identification et de traçabilité fiables.
L'expert a identifié la mise en œuvre de micropaiements et de nanopaiements basés sur la blockchain pour une économie de l'intelligence artificielle durable comme un autre axe de développement important. Moore a souligné que les services d'IA modernes utilisent le contenu des sites web et des services sans rémunérer directement les créateurs, ce qui fragilise les modèles de monétisation traditionnels d'Internet. Une solution pourrait consister en un système de paiements automatiques pour l'utilisation réelle des données, les récompenses étant distribuées en temps réel entre les sources d'information. Des solutions d'infrastructure spécialisées sont en cours de développement pour mettre en œuvre de tels mécanismes, notamment des plateformes financières pour les agents d'IA, des protocoles de paiement et des systèmes de comptabilisation de l'utilisation des données. Parmi les projets prometteurs, l'expert a mis en avant Catena Labs, x402 et AIsaOne.
