Un expert a expliqué pourquoi l'UE ne pourra pas supprimer le rouble numérique.

image

L'Union européenne souhaite imposer des restrictions au rouble numérique dans le cadre d'un nouveau train de sanctions. C'est ce qu'a déclaré la ministre européenne des Affaires étrangères, Kaja Kallas, qui a présenté un plan visant à renforcer la pression sur les flux financiers liés à la Russie.

BeInCrypto s'est entretenu avec Dmitry Machikhin, fondateur de BitOK. Il a expliqué pourquoi il estime que ces menaces sont vaines.

Qu’est-ce que le rouble numérique et comment va-t-il changer la Russie ?

Ce qui s'est passé?

L'UE examine un nouveau train de sanctions contre la Russie. Il concerne à la fois les exportations de pétrole et le secteur financier.

Parmi les mesures proposées :

  • durcissement des restrictions sur l'exportation de pétrole russe ;
  • interdiction d'assurance et de transport de fournitures ;
  • déconnexion de plusieurs banques du système SWIFT ;
  • restrictions sur les transactions des établissements de crédit individuels;
  • Mesures supplémentaires contre le secteur des cryptomonnaies.

Kaja Kallas a également mentionné l'interdiction des monnaies numériques par la Banque de Russie et les restrictions imposées aux interactions avec les fournisseurs de services de cryptomonnaies russes.

Callas sur le rouble numérique Capture d'écran du premier message du fil de discussion de Callas dans X.

Le projet de loi est toujours en discussion et n'a pas encore été définitivement adopté.

Pourquoi les menaces semblent vides

Dmitry Machikhin qualifie ces déclarations de populistes. Il affirme que dès que les mots « Russie », « sanctions » et « cryptomonnaie » sont associés dans une même phrase, une large couverture médiatique est quasiment assurée. Ces déclarations se propagent rapidement dans les médias et génèrent une importante couverture médiatique.

Dmitry Machikhin décrit le rouble numérique comme un système d'infrastructure interne, conçu pour les règlements intérieurs. Même s'il est pleinement opérationnel, estime-t-il, cet instrument a peu de chances d'être utilisé pour les paiements transfrontaliers.

C’est précisément pourquoi, explique l’expert, il n’y a ici aucun objet concret pour exercer une pression par sanctions.

La raison réside dans l'architecture du système. La plateforme du rouble numérique est construite sur des réseaux fermés, où :

  • Toutes les transactions ne sont visibles que par l'autorité de régulation russe ;
  • Les données ne sont accessibles à aucun utilisateur externe ;
  • Les organismes de réglementation étrangers ne peuvent rien contrôler.

Dans ces conditions, l'UE manque d'instruments pour surveiller et contrôler les opérations.

Dmitry Machikhin a également souligné que le rouble numérique ne peut servir à contourner les sanctions. Ce projet n'est pas axé sur les règlements internationaux et n'est pas lié à la liquidité du commerce extérieur.

Selon lui, de telles restrictions sont généralement vouées à l'échec : elles peuvent être déclarées légalement, mais sont impossibles à appliquer en pratique.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *