Un trader a perdu 50 millions de dollars en une semaine en utilisant la stratégie de la martingale.

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Le trader d'options David Chau, connu sous le pseudonyme de « Captain Condor », et ses adeptes ont perdu plus de 50 millions de dollars pendant la semaine de Noël 2025. La cause de ce désastre : une stratégie de trading d'options S&P 500 agressive qui combinait la tactique Iron Condor avec des éléments du système Martingale.

Comment la stratégie a fonctionné

Chau, âgé de 32 ans, a utilisé une stratégie consistant à vendre des options d'achat et de vente avec des prix d'exercice différents, pariant sur le maintien de l'indice S&P 500 dans une certaine fourchette. Cette tactique est connue sous le nom de « condor de fer » pour les options à échéance nulle.

Cependant, le trader a intégré des éléments de la méthode Martingale : après chaque perte, la taille de la position était doublée ou triplée. Cette approche visait à compenser les pertes précédentes par des gains ultérieurs, mais elle a engendré une escalade du risque.

Chronologie de la catastrophe

Le 23 décembre 2025, la position de Chau avait atteint environ 90 000 contrats sur le S&P 500. L’analyste Lawrence McMillan a retracé la séquence des augmentations de position : d’abord 4 400 contrats, puis 17 000, puis 48 000, et finalement plus de 90 000.

Le 24 décembre, l'indice n'a varié que de 0,3 %, mais cela a suffi à engendrer des pertes maximales. Ce jour-là, les pertes ont atteint environ 32 millions de dollars. Les volumes d'échanges étaient parmi les plus faibles de l'année, ce qui a accentué l'impact des positions importantes en raison de la faible liquidité.

Conséquences pour les abonnés

Les pertes ont affecté non seulement les fonds personnels de Chau et le capital de son fonds spéculatif, SPX MGMT, mais aussi les fonds des abonnés d'InsideOptions. Ces derniers payaient 5 500 $ par an pour accéder aux recommandations de trading.

Après les événements, Chau a reconnu l'échec sur les réseaux sociaux : « Nous avons effectué notre analyse, la stratégie est viable, nous allons donc poursuivre. » Dans un autre message, il a indiqué : « Nous en tirerons des leçons et reviendrons plus forts. »

La stratégie classique du condor de fer consiste à vendre une position à risque limité et à forte probabilité de succès sur un marché stable. Cependant, le ratio risque/rendement est généralement de 1:3 à 1:5. L'ajout d'éléments de martingale transforme ce risque limité en un risque inacceptable.

Le trader a suspendu ses activités après le 24 décembre, mais se dit confiant de revenir avec un système amélioré. L'histoire montre qu'associer une stratégie théoriquement solide à une gestion agressive du capital peut avoir des conséquences désastreuses, même en cas de faibles fluctuations du marché.

L'avis de l'IA

L'analyse des données historiques révèle que la chute du capitaine Condor correspond au schéma classique des traders victimes de leur propre succès. Nick Leeson de Barings Bank en 1995, la « Baleine de Londres » de JPMorgan en 2012 : tous ont débuté avec des stratégies rentables avant de connaître des pertes catastrophiques dues à une prise de risque excessive. Une caractéristique propre à l'ère moderne est que les réseaux sociaux transforment les traders en personnalités médiatiques suivies par des milliers d'abonnés qui copient leurs transactions en temps réel.

Après la crise de 2008, les autorités de régulation européennes ont imposé aux banques des exigences strictes en matière de gestion des risques, mais les particuliers peuvent toujours investir sans restriction. L'affaire Chau soulève la question suivante : les plateformes doivent-elles imposer des limites de position aux investisseurs particuliers, ou cela constitue-t-il une violation des principes du libre marché ?

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