Scandale FTX : des millions de $ pour faire taire des informateurs

Le prix du silence. Une nouvelle étape vient d’être franchie dans l’affaire FTX avec cette nouvelle plainte de l’actuelle direction contre un personnage au rôle obscur : Daniel Friedberg. Alors que la justice tente péniblement de comprendre l’enchaînement des événements qui a mené à la catastrophe industrielle et que les liquidateurs essaient, de leur côté, de mettre la main sur un maximum de fonds pour rembourser les créanciers, les révélations sur les agissements de Sam Bankman-Fried et de sa garde rapprochée continuent de désespérer les observateurs. Aujourd’hui, on apprend que le silence de plusieurs informateurs potentiels aurait été acheté par ce Daniel Friedberg, qui reste, jusqu’à preuve du contraire, présumé innocent. Plongée au cœur d’une affaire qui n’a rien à envier aux meilleures séries télévisées…

Daniel Friedberg : un personnage obscur au cœur de l’affaire FTX

A force de fouiller dans le passé de l’entreprise, la nouvelle direction de FTX découvre chaque jour de nouveaux cadavres dans le placard et n’en finit plus d’apporter de nouvelles pièces devant la justice. Hier, le 27 juin, une nouvelle plainte a ainsi été déposée auprès du tribunal et elle concerne un certain Daniel Friedberg, dont le rôle était jusqu’alors resté plutôt flou. Celui qui a occupé les postes de directeur de la Réglementation chez FTX, de directeur de la Conformité chez FTX US ou encore de directeur juridique d’Alamada Research est maintenant sous le feu des projecteurs pour son rôle d’entremetteur.

Le dossier de 40 pages déposé au juge contient 11 accusations contre lui, dont les principales concernent des versements d’argent non justifiés à des personnes qualifiées d’informateurs ou de lanceurs d’alerte par la justice. Pour l’ensemble de ses prestations, Daniel Friederg aurait touché un salaire de 300 000 dollars, une prime à la signature d’1,4 million, un bonus de 3 millions, une participation de 8 % dans FTX US et un portefeuille de crypto « valant plusieurs millions de dollars », toujours selon la nouvelle direction. Qu’a-t-il fait pour mériter de tels émoluments ? C’est ce que nous allons voir maintenant.

Extrait du dossier concernant le premier informateur Whistleblower-1 – Source : Kroll.com

Le silence des anciens employés et de leurs avocats acheté à grands coups de millions de dollars

Probablement que le mis en cause a effectivement rempli certaines fonctions tout à fait légales au sein de la société. Mais ce qui nous intéresse aujourd’hui c’est son rôle d’intermédiaire dans des transactions totalement hors cadre. Effectivement, à plusieurs reprises, il aurait acheté le silence d’anciens employés prêts à dénoncer des pratiques illicites de leur entreprise.

Le dossier fait état de deux cas précis qui concernent des personnes dont l’anonymat a été préservé par l’utilisation des termes Whistleblower-1 et Whistleblower-2. Traduisible par « lanceur d’alerte » ou « informateur », le premier d’entre eux est une femme qui a travaillé moins deux mois chez FTX US. Suite à son expérience, elle se rapproche d’un avocat et prend contact avec sa direction pour dénoncer des pratiques hautement litigieuses :

« Alameda [n’était] rien de plus qu’une extension de FTX, utilisée pour renforcer la confiance des investisseurs dans les projets FTX et faire à son tour grimper le prix des projets que FTX avait développés ou dans lesquels la société avait investis. De plus, des détails concernant des levées de fonds de l’entreprise et divers projets ont été divulgués ouvertement sur le serveur Slack qui permettait à tous les employés présents d’effectuer des transactions sur les informations avant les annonces publiques. »

Extrait du dossier concernant le deuxième informateur Whistleblower-2 – Source : Kroll.com

Le silence est d’or… et d’argent

Pour étouffer l’affaire et arrêter là la procédure, FTX aurait proposé un accord portant sur le versement de 200 000 dollars par mois pendant 5 ans, soit 12 millions de dollars. Le cabinet aurait finalement accepté l’accord. Dans un autre exemple, Whistleblower-2 est un avocat qui a travaillé moins de trois mois pour la société. Il se serait publiquement offusqué « des problèmes de gouvernance et de réglementation au sein de l’entreprise ». Il aurait été renvoyé, mais aurait quand même touché une indemnité de départ, largement injustifiée, si l’on en croit la direction actuelle de FTX qui soupçonne fortement un pot-de-vin pour garantir le silence de l’informateur.

Enfin, ce personnage aurait également participé au mélange des fonds des clients avec ceux de la société, si l’on en croit le dernier rapport des liquidateurs de FTX. Mais le plus surprenant dans tout ça est le rôle que Daniel Friedberg joue actuellement dans la procédure. En effet, la presse américaine rapporte qu’il servirait maintenant d’informateur pour l’accusation et qu’il fournirait des preuves contre ses anciens employeurs. Espérons qu’il ne facture pas trop cher sa participation à une procédure qui coûte déjà des millions de dollars.

Source: journalducoin.com

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