Dédigitalisation en Russie : les écoliers sont menacés dans l'utilisation des VPN, considérés comme un crime et une addiction.

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Dans les écoles russes, on enseigne les « risques » liés aux VPN : on explique aux enfants pourquoi les réseaux privés virtuels sont dangereux et on conseille aux parents d'être prudents si leur enfant mentionne le mot « proxy ».

Leçons d'atterrissage légal et de sécurité

Le Centre éducatif n° 10 d'Irkoutsk a publié sur sa page VKontakte des informations concernant des événements organisés dans le cadre de ses cours sur les aspects juridiques et la sécurité financière. La publication expliquait qu'un VPN (réseau privé virtuel) est un réseau privé virtuel et que son utilisation est dangereuse. Parmi les sujets abordés figuraient la prévention de l'utilisation des jeux et des réseaux virtuels (VPN).

Cette semaine, l'école n° 32 d'Irkoutsk a organisé une séance d'information préventive de cinq minutes sur la sécurité, intitulée : « Interdiction d'utiliser un VPN : que devez-vous savoir ? ». Les élèves ont été informés des risques potentiels liés à ces outils. Dans la région de Rostov, l'école n° 81 du village de Yulovskiy, dans le district de Salsky, a tenu des ateliers sur la sécurité en ligne, abordant les thèmes suivants : données personnelles, traces numériques, anonymat sur Internet et, plus précisément, les risques liés à l'utilisation d'un VPN.

Un rappel pour les parents

Le cas d'un établissement scolaire de Saint-Pétersbourg est particulièrement révélateur. L'établissement public d'enseignement n° 480 du district Kirovsky de Saint-Pétersbourg, dans le cadre de l'opération interministérielle nationale « Génération propre 2026 », a adressé aux parents une note de service listant les termes « VPN », « proxy » et « Tor » comme indicateurs potentiels de consommation de drogue chez un adolescent, ainsi que les termes argotiques « herbe » et « sel ». Il est conseillé aux parents de surveiller les communications, les contenus, les paiements et les applications de messagerie de leurs enfants, et d'activer le contrôle parental sur leurs appareils.

Des formulations qui sont devenues officielles

Les noms des activités scolaires à Irkoutsk et dans d'autres régions ne laissent aucune place à l'ambiguïté :

  • « Les VPN sont illégaux. Ce que vous pouvez et ne pouvez pas faire en ligne actuellement. »
  • « L’utilisation d’un VPN constitue une circonstance aggravante dans la commission d’infractions. »
  • Interdiction des VPN : ce qu’il faut savoir

Tous ces événements sont consignés dans les publications publiques des écoles sur les réseaux sociaux.

Cela témoigne de l'intégration systématique des questions relatives aux VPN dans les programmes scolaires, depuis les cours d'initiation au numérique jusqu'aux supports pédagogiques assimilant l'utilisation d'outils de blocage à un comportement illégal. Les titres des cours sont explicites : « Les VPN sont illégaux » et « une circonstance aggravante ».

Une note de service diffusée dans le cadre de l'opération Clean Generation 2026 déplace le débat de l'éducation au contrôle préventif : les parents sont encouragés à réagir au mot « proxy » de la même manière qu'ils réagiraient au jargon des trafiquants de drogue.

L'avis de l'IA

Du point de vue de l'analyse des données, ce qui se passe dans les écoles russes n'est pas une initiative pédagogique isolée, mais le maillon final d'une architecture de contrôle à plusieurs niveaux. Le cadre technique est déjà en place : depuis le 15 avril, les services russes bloquent les utilisateurs disposant d'un VPN actif, et le nombre de VPN bloqués est passé de 258 à 469 en trois mois. Le cours à l'école constitue le cadre social de ce même système : si un blocage technique crée une barrière externe, l'éducation en crée une interne. Assimiler le mot « proxy » à l'argot de la drogue est une technique de stigmatisation classique, connue des sociologues sous le nom de « panique morale » : un outil devient un symbole de déviance bien avant d'être interdit par la loi.

L'évolution historique révèle un paradoxe fondamental de ces campagnes : plus les autorités interdisent systématiquement la technologie dans les salles de classe, plus son importance symbolique grandit auprès des adolescents. La question demeure : le système éducatif est-il capable d'instaurer un rejet durable d'outils qu'il est techniquement impossible de bloquer complètement sans déconnecter physiquement le pays du réseau mondial ?

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